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Fraternel et altruiste

Chef du centre de secours de Brie-Comte-Robert depuis juin, le lieutenant Thierry Beauvais entend y maintenir un fort esprit de cohésion, tout en stimulant la montée en compétence de ses équipes.

C’est moins une vocation qu’une révélation », confie Thierry Beauvais, quadragénaire né à Montargis de parents agriculteurs. Très tôt, il se passionne pour la science et le sport. Il passe un bac scientifique, un DUT de génie thermique et se révèle doué pour le handball, qu’il pratiquera à haut niveau  « J’aimais ce sport de contact, assez viril, avec un fort esprit collectif que j’allais redécouvrir plus tard chez les sapeurs-pompiers.» Mais une grave blessure au genou l’obligera à arrêter la compétition. En effectuant son service militaire dans la gendarmerie à Orléans, Thierry Beauvais intervient auprès des pompiers sur les accidents de la route. « L’envie d’aider les autres m’est venue à ce moment. » En 1998, il devient sapeur-pompier volontaire à Nemours, en Seine-et-Marne, tout en travaillant comme ambulancier. Dès lors, il n’a qu’un seul objectif en tête, celui de devenir sapeur-pompier professionnel.

La grande diversité du métier
Il prend son premier poste à Chessy, à un jet de pierre de Disneyland. « La particularité de nos interventions, au sein du parc d’attraction, était la discrétion. Il fallait secourir les personnes victimes de malaises, sans inquiéter les touristes qui étaient là pour se divertir. » Au bout de deux ans, Thierry Beauvais saisit une opportunité à Fontainebleau, tout en devenant caporal. Outre les feux de forêt l’été, il doit aussi intervenir rapidement, lorsqu’un amateur d’escalade chute, sans oublier les accidents qui se produisent sur un réseau routier assez dangereux à l’époque. Titulaire d’un diplôme d’État d’infirmier, après avoir pris trois années de congés de formation, il intègre en 2009 le centre de secours de Melun, en tant que sous-officier. Un secteur très urbain, émaillé de quartiers sensibles. Ses interventions concernent des incendies involontaires liés à l’activité domestique, des événements volontaires, voire des violences urbaines. Thierry Beauvais les affronte avec le sang-froid qui lui est propre.

Nourrir l’esprit de cohésion
À Melun, il gravit tous les grades de sergent à adjudant-chef. Quittant les “hommes de rang”, il endosse alors un rôle de commandement. « J’ai acquis une expérience managériale, animé par cette volonté de fédérer et de créer une émulation d’équipe »,
témoigne-t-il. Désormais lieutenant, il dirige le Centre de secours de Brie-Comte- Robert : 19 sapeurs-pompiers professionnels, 71 volontaires et pas moins de 2 700 interventions par an, parmi lesquelles les feux de chaume. « Je souhaite maintenir la bonne ambiance de travail au sein de mes effectifs, mais aussi les faire monter en compétence. » Des mots qui ont une résonance particulière, puisque Thierry Beauvais a vécu deux accidents graves lors d’un effondrement à Melun, impliquant des membres de son équipage. « Je me suis promis de ne plus jamais revivre cela. »

Thierry Beauvais