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Un virtuose pour les soignants

Au coeur de la crise sanitaire, son hommage musical a particulièrement ému les soignants de Brie. Rencontre avec le violoniste Cyril Garac. 

Un air de violon résonne dans le parc de l’hôpital de Brie. Nous sommes mercredi  20 mai, en pleine crise sanitaire liée au covid-19. Cyril Garac, musicien professionnel, est venu, à sa manière, rendre hommage au personnel soignant et aux malades.  « Chez moi, j’applaudissais  les soignants tous les soirs  à 20h », raconte le violoniste  de 49 ans. « Je pensais à tous ces gens qui portaient le pays, et dont on ne parle pas beaucoup en temps normal. Je me suis dit que je pouvais sans doute faire quelque chose pour eux, à ma manière.  Une amie m’a suggéré  de jouer dans un hôpital.  Mes parents habitent à Brie depuis une vingtaine d’années, et ma grand-mère a passé  ses derniers jours à l’Ehpad, cela m’a paru naturel de venir jouer ici. » 

Un moment chaleureux

Dans le parc, ou aux fenêtres de l’hôpital, plusieurs dizaines de personnes sont venues écouter sa prestation. « Ce fut un moment très chaleureux. Je venais sans arrière-pensée, simplement pour partager un moment d’apaisement, un petit temps d’arrêt dans cette crise. » Né à Cannes, briard d’adoption, Cyril Garac est un musicien d’envergure internationale. Premier prix à l’unanimité de violon et musique de chambre au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, il se produit régulièrement dans les festivals en France et à l’étranger au côté d’artistes comme Renaud Capuçon, Joseph Silverstein, Christian Ivaldi, Julia Migenes, Ophelie Gaillard et beaucoup d’autres. « J’ai été formé dans la plus pure tradition classique, mais mes horizons sont plus vastes. Je joue beaucoup de musique de chambre, ce qui est pour moi la forme la plus achevée de musique. Mais s’il y a bien une chose qui me dérange, ce sont les étiquettes. »

Classique, jazz et tango

Pour preuve, Cyril Garac  fait également partie  de la formation  de la chanteuse de jazz Ute Lemper, mondialement connue. Il l’accompagne au sein d’un orchestre comprenant trois autres musiciens venus, eux, du monde du jazz. Sa curiosité naturelle l’a également conduit dans le monde  du tango où il est devenu l’un des violonistes les plus recherchés en Europe. L’épidémie de Coronavirus a mis un coup d’arrêt brutal aux activités du musicien : tous les concerts sont annulés, y compris ceux de l’automne. Seule son activité d’enseignant au conservatoire de Fresnes a pu se poursuivre, à distance. « C’est une véritable catastrophe pour le monde de la culture. Beaucoup d’artistes ne s’en relèveront pas financièrement », estime le violoniste, qui a toutefois profité du confinement pour mettre la dernière touche  à son prochain disque :  un duo piano et violon autour des compositeurs slaves, réalisé avec la pianiste  Maria Martinova.  Sortie prévue cet automne.