Accueil

Graffeur et performeur émérite

Au sein de l’espace Les Locaux, l’artiste Grégory Combet, alias Shore, accueille les artistes en herbe qui ont envie de s’initier au graffiti urbain et, pourquoi pas, d’emprunter sa voie.

« Le graff, c’est comme le vélo. Il faut d’abord enlever les petites roues, et puis beaucoup s’entraîner. » À 38 ans, Shore en connait un rayon, puisque c’est le chemin qu’il a suivi. Graffeur confirmé, maîtrisant son art sur le bout des doigts, il a désormais envie de partager et de transmettre ce qu’il a appris depuis deux décennies. Rue de Penthièvre, au sein de la pépinière des cultures urbaines du Moulin-Fleuri, il a fait des Locaux un lieu ouvert à tous, autant qu’un atelier et un espace d’exposition. De son vrai nom Grégory Combet, Shore partage les 370 mètres carrés, attribués par le bailleur Trois Moulins Habitat, avec un artiste peintre muraliste et un beat-maker, autrement dit un compositeur de musique urbaine.

Partage

Peintre et graphiste, arrivé en décembre 2017, il a développé avec ses collègues l’association Ouvrons le Champ des Possibles (OCP). Celle-ci collabore notamment avec la ville de Brie-Comte-Robert sur des projets valorisant les cultures urbaines. « Quatre fois par an, OCP organise une expo, qui offre un coup de projecteur à des artistes seine-et-marnais », explique-t-il. « C’est aussi une belle opportunité pour le public de s’initier aux techniques du pochoir, des bombes de peinture ou des feutres Posca ». S’associant également à différents évènements de la ville, Shore a notamment réalisé une performance lors du Printemps de l’art urbain.

Créer du lien

Natif de Nandy, où il réside, il a été inspiré par son grand frère, graffeur également. Au lycée de Dammarie-les-Lys, il rencontre d’autres passionnés de cet art urbain. Ensemble, ils partent explorer lieux abandonnés et autres terrains vagues, en quête de murs pour s’adonner à leur passion. Calligraphies, dessins tracés, peints ou gravés, ils ouvrent le champ des possibles et, à ce jeu, Grégory se forge une belle réputation en composant et décomposant à l’infini les cinq lettres de son pseudo, Shore. « J’aime sa sonorité et la beauté de son O central », s’enthousiasmet- il. De là, naissent ses premières toiles, qui orneront les chambres de ses copains. Diplômé d’une école de graphisme à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, il fonde d’abord sa propre société, avant d’être embauché par une entreprise de Corbeil-Essonnes pour réaliser les visuels des vitrines extérieures de magasins. Après un été passé à sillonner des festivals de graff partout en France, Shore se consacre désormais à la saison 2021/2022 des Locaux. Le 11 septembre, il participe ainsi à l’événement Les Peintres dans la rue. Dans la conversation, il avouera aussi son souhait de féminiser son art, qui reste très masculin. « Ce que nous voulons, c’est créer du lien social et de l’inspiration, sans aucune exception. »