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En garde !

Yohan Peter, 31 ans, a débuté l’escrime handisport en 2016. Il y a 6 mois, il a arrêté son métier d’infirmier coordinateur pour se consacrer de façon professionnelle à l’escrime. Zoom sur son ascension fulgurante.

Yohan Peter escrime

Pourquoi l’escrime ?
Je souhaitais organiser une animation qui sort de l’ordinaire pour mes patients en centre de rééducation. L’escrime est un sport rare dans la pratique handisport. J’ai rencontré le maître d’arme du club des mousquetaires du Val d’Europe, Serge Prudhomme. Je ne suis pas reparti, j’ai tout de suite accroché ! C’est la première fois que je pratique un sport individuel, c’est une richesse de gagner ou de perdre soi-même.

Comment se déroule une semaine type d’escrimeur ?
Pour ma pratique de l’escrime, j’ai deux leçons par semaine au cours desquelles je répète ce que l’on appelle des gammes (des gestes et des combinaisons), en tête à tête avec le maître d’armes, afin d’être le plus précis possible. J’effectue aussi trois entraînements d’assaut avec des adversaires, une séance de musculation et une séance de préparation mentale pour la gestion du stress. Se professionnaliser a un coût, c’est pourquoi je suis toujours à la recherche de soutien auprès d’entreprises pour me sponsoriser. (yohan_peter@msn.com)

Comment s’est déroulée votre ascension à haut niveau ?
Pour moi le haut niveau ça s’est passé très vite, car j’ai performé très vite. J’ai commencé l’escrime en mai 2016 et j’ai enchaîné en septembre avec la compétition nationale. J’y ai fait cinq circuits nationaux, qui m’ont permis de me qualifier pour les championnats de France. J’ai fini second de ma catégorie, ce qui m’a permis d’accéder aux circuits mondiaux.

Quelle est la suite de votre parcours d‘escrimeur ?
Suite à mes performances aux circuits mondiaux courant 2018, j’ai été sélectionné dans l’équipe de France pour les championnats européens de septembre 2018. J’ai terminé 9e en individuel et 2e pour la compétition par équipe. En septembre 2019, je suis allé en Corée du sud pour mes 1ers championnats du monde, avec forcément un peu de pression. En individuel, j’ai fini 13e sur 50 et 1er Français donc c’est une vraie fierté. J’ai ensuite été sélectionné pour la compétition par équipe, nous sommes devenus vice-champions du monde. Le staff de l’équipe de France m’a proposé de tenter de me qualifier pour les Jeux paralympiques de Tokyo en 2020. J’ai commencé le parcours de sélection.

Que pensez-vous de l’alliance sport et handicap ?
Le sport est très important pour les personnes en situation de handicap, ça leur permet d’avoir un maintien physique dont ils ont besoin. Ça permet aussi de se vider la tête. L’objectif du sport n’est pas la compétition, c’est le dépassement de soi. C’est aussi un acte social, on rencontre des gens. Moi, ce que le sport m’a amené, c’est de pouvoir me réaliser comme j’ai envie d’être. En sport, quand j’affronte quelqu’un, j’affronte un adversaire. Qu’il soit en situation de handicap ou valide, ça n’empêche pas que je le batte !