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100 ans et 1 000 souvenirs !

Paul Mesange a célébré ses 100 ans le 7 mai dernier, entouré de ses trois enfants, six petits-enfants et onze arrière-petits-enfants. Rencontre avec cet amoureux du dessin.

Paul Messange

Son secret ? « Je suis en bonne santé, libre et indépendant, c’est le principal à mon âge ! ». À part sa canne et sa surdité, rien ne laisse présager son âge. Paul Mesange nous accueille, ravi de se plonger dans ses souvenirs…

Un début de carrière prometteur

Paul Mesange grandit à Saint-Mandé dans le Val-de-Marne. À 14 ans, il quitte l’école sur un coup de tête et décide de travailler. C’est grâce à son talent pour le dessin qu’il décroche un poste de géomètre sur le chantier de construction du métro à la Porte des lilas. Le conducteur de travaux, qui a vu ses capacités en mathématiques et en dessin, le pousse à se former au métier. Il intègre l’école des travaux publics. En travaillant ensuite au métro église de Pantin, il rencontre sa femme le jour de ses 20 ans, alors qu’il célèbre son anniversaire avec ses collègues.

La guerre éclate

En 1939, Paul Mesange est mobilisé pour une campagne en Belgique. Il a dû se replier sous le feu des bombardements dans le sud. Suite à l’Armistice de juin 1940, les Allemands réquisitionnent les jeunes soldats français pour reconstruire ponts et voiries. « Par un hasard extraordinaire, cette nouvelle mission m’a mené à Melun. J’y ai retrouvé toute ma famille. Ma femme étant de Grisy, Melun-Grisy à vélo, c’était vite fait », explique-t-il avec émotion. Jusqu’en avril 1941, il est nommé infirmier sur le chantier de reconstruction d’un pont à Melun, bien qu’il n’ait aucune compétence dans ce domaine. Ses fonctions l’ont mené à l’hôpital de Melun où, toujours grâce à son talent pour le dessin, il fabrique des faux papiers pour un médecin chef résistant. En juillet 1942, il se marie. Il travaille ensuite jusqu’à la fin de la guerre à l’Institut géographique national pour dessiner des cartes pour les Allemands qui voulaient conquérir la France.

Une nouvelle vie

Il reprend ensuite la direction de travaux et oeuvre pour l’aménagement de villes nouvelles comme Marne-la-Vallée ou Évry. Il ouvre sa propre agence en 1962 et prend sa retraite en 1980. « C’est la meilleure période de ma vie car j’ai pu respirer et profiter de ma famille » commente-t-il. Dans les années 1970, il avait emménagé dans la maison familiale de Grisy. Puis en 1990, son épouse et lui arrivent à Brie où ils ont déjà leurs habitudes (marché, sorties…). Au décès de sa femme en 2005, il se consacre à sa passion, la peinture. Paul Mesange confesse : « Aujourd’hui je suis fier d’avoir construit une famille. Je m’entends très bien avec mes enfants. Je suis heureux avec ma famille comme elle est et je suis fier d’avoir construit une vie que je considère comme agréable ». Il s’est aussi mis à l’écriture en rédigeant à la main ses mémoires. « Je suis plutôt unique dans mon genre » souligne-t-il avec amusement.